Irumu : le bilan de l’attaque rebelle près de Beu-Manyama s’alourdit !

Le bilan des attaques armées mardi et mercredi dernier entre le village de Beu-Manyama et la rivière Samboko/Ituri ne cesse de s’alourdir. Après les fouilles effectuées jeudi et ce vendredi 11 juillet 2025, de nouveaux corps sans vie ont été découverts, portant à 34 le nombre de corps jusqu’à présent récupérés.

Ces civils ont été tués dans au moins 7 villages de cette partie du territoire d’Irumu, mais plusieurs autres restent introuvables et les fouilles se poursuivent. L’information est confirmée par des acteurs de la société civile dans la zone qui ont participé aux fouilles. Les corps ont été évacués, certains vers la morgue à Oicha, d’autres vers les environs d’Oicha, et les derniers ont été inhumés sur les lieux des drames.

En plus des morts et des disparus, plusieurs autres personnes ont été blessées par balles et armes blanches. Parmi les blessés, ce rescapé rencontré sur son lit d’hôpital ce vendredi témoigne de ce qu’il a vécu lorsqu’ils ont été surpris par les assaillants en brousse.

« Ils sont arrivés avec des lampes torches. Ils étaient trois : l’un portait une tenue militaire, un autre n’en portait pas, et la femme était comme ça. Les trois sont venus pendant qu’on dormait. Ils nous ont réveillés en disant : “Vous dormez vraiment à cette heure ? Vous ne voyez pas comment la situation est grave ? Levez-vous !” Quand on s’est levé, nous étions deux dans notre maison. En sortant, on a trouvé qu’ils avaient déjà encerclé la maison. Ils nous ont demandé de nous asseoir par terre. C’étaient trois rebelles avec des armes. Ils ont dit : “Debout, sortez d’ici, allez vers le chef.” »

« Après ça, ils nous ont fait marcher sur la route principale. Ils nous ont demandé : “Vous vivez ici ou quoi ?” Nous avons répondu que nous étions venus cultiver. Ils ont demandé d’où nous venions. On a dit : “Nous venons de Beni.” Ils ont demandé : “Avez-vous des jetons ?” Nous avons répondu : “Nous n’en avons pas.” Ils ont dit : “Donc vous êtes ici sans jetons.” Il faisait nuit noire, seulement éclairée par les lampes torches », témoigne-t-il.

Il ajoute : « Ils ont arraché nos habits, ils nous ont attaché les mains derrière le dos, et aussi les pieds. Puis, j’ai senti un coup de machette à l’oreille. J’ai commencé à crier. Par la grâce de Dieu, la corde derrière moi s’est rompue, mon vêtement aussi. Celui qui était à côté de moi s’est levé et s’est mis à fuir, sa corde s’était rompue. Ils ont commencé à tirer sur lui. Moi aussi, je me suis levé et j’ai fui. Je saignais abondamment. J’ai remarqué que la corde de mes pieds aussi s’était rompue. J’ai couru dans les cacaos. Je suis allé me cacher sous un arbuste, et je me suis couché là. »

Et de poursuivre : « J’ai vu qu’ils me suivaient. J’ai continué à me cacher au sol jusqu’à ce qu’ils passent. Celui qui était resté là a crié : “Ce petit est encore ici.” Il a dit : “Montre-toi, on ne va rien te faire.” Mais moi, je suis resté couché. Ils avaient déjà coupé ma gorge et mon oreille. Après quelques minutes, je les ai vus tourner encore par là. Dieu m’a protégé. Puis ils sont partis rejoindre ceux qu’ils étaient venus attaquer ailleurs », a-t-il dit à la radio Moto Oïcha.

De nombreux habitants restent introuvables. Les acteurs de la société civile dans la zone alertent sur les corps sans vie qui gisent encore sur le sol.

Nganga Victor

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