Au moins 500 décès communautaires ont été enregistrés entre juillet et août en zone de santé de Niania, dans le territoire de Mambasa, en Ituri. Ces chiffres ont été rendus publics ce mercredi 2 septembre 2026 par le médecin chef de zone au cours d’un entretien avec la Radio Moto Oicha. Il alerte également sur la fermeture de plusieurs structures sanitaires depuis juillet dernier et sensibilise la population au respect des mesures de prévention.
Selon le docteur Joseph Pemanakue, médecin chef de zone de santé de Niania, après l’incendie du centre de traitement Ebola de Niania en juin dernier, plusieurs décès communautaires ont été répertoriés dans cette entité sanitaire.
Au moins 500 décès communautaires ont été enregistrés dans la région et plusieurs contacts ont fui vers une destination inconnue. Le docteur Joseph Pemanakue indique que cette situation compromet gravement les efforts engagés pour contenir cette épidémie dans cette partie de l’Ituri.
« Dans les zones de PK51 et PK47, nous avons enregistré un nombre important de décès liés à cette épidémie. À ce jour, plus de 500 décès communautaires y ont été recensés. Ces personnes sont décédées au sein de la communauté, parfois sans avoir été prises en charge dans une structure de santé. Si cette situation persiste, il sera très difficile de maîtriser et de mettre fin à l’épidémie. Nous constatons déjà une transmission communautaire de la maladie. Le suivi des contacts n’est pas encore assuré à 100 %, ce qui augmente le risque de voir la contamination se poursuivre et s’étendre dans la région. Le personnel soignant est également durement touché. Jusqu’à présent, environ sept professionnels de santé ont perdu la vie, tandis que plusieurs autres ont été contaminés », a-t-il déclaré.
Outre ces décès communautaires, le médecin chef de zone parle de la fermeture de plusieurs structures sanitaires aux PK47 et PK51. Notre personne ressource évoque la mort d’au moins sept membres du personnel soignant et plusieurs dégâts collatéraux. Le docteur Joseph Pemanakue souligne la nécessité de respecter les mesures barrières pour limiter la chaîne de propagation du virus.
« Beaucoup de formations sanitaires ont fermé leurs portes. Environ 80 % des établissements ont fermé. Même ceux qui sont encore opérationnels connaissent une baisse de fréquentation. Nous demandons à la population de respecter les mesures barrières. Dès que quelqu’un présente des signes [de la maladie], il doit se rendre au centre de santé le plus proche », a-t-il appelé.
Ces incidents sont signalés dans la zone après une période de fortes tensions entre certaines communautés et les équipes de riposte. Ces tensions avaient conduit à la destruction, le 30 juin dernier, du centre de traitement Ebola de Bafwabango et à l’invasion des malades et des cas contacts.
Laetitia VUSARA