Au moins 8 personnes, dont 5 mineurs, ont échappé à des justices populaires en l’espace d’une semaine seulement dans la ville d’Oïcha. Ces personnes sont pour la plupart accusées et suspectées d’être des voleurs. Pour tous ces cas, c’est grâce à l’intervention de la police que le pire a été évité. Face à cette situation, un défenseur des droits humains au sein d’une organisation locale de défense des droits humains décourage cette façon d’agir pour certains habitants. Il demande, cependant, à la justice de faire tout pour gagner la confiance de la population.
C’est dans 3 différentes circonstances que ces personnes ont échappé à la justice populaire dans différents quartiers de la ville d’Oïcha. Le cas récent en date est celui enregistré la nuit du mercredi à ce jeudi 3 septembre 2026 à Mambanike, dans la commune de Mbimbi.
5 mineurs soupçonnés d’être des voleurs ont été sauvés d’une tentative de justice populaire autour de 23 heures, selon des informations sécuritaires nous parvenues. Peu avant, au quartier Pakanza, cellule Kasana, un homme a été sauvé des mains des civils qui voulaient s’en prendre à lui, parce qu’ils l’ont accusé d’avoir cambriolé une maison de commerce dans ce coin de la ville vers 4 heures du matin.
Grâce à l’intervention de la police, il avait aussi eu la vie sauve, comme deux autres hommes de Beni-ville retrouvés à Pakanza Maiyambuluku la journée du 25 août dernier. Pour Maître Olivier Munzonzo, défenseur des droits humains au sein de l’ONG/DH Action de la paix pour la défense des droits humains et le développement intégral, APDDHDI, cette façon d’agir de certains habitants se justifie par certains facteurs. Il évoque notamment le manque de confiance en la justice, au regard de la manière dont sont traités les dossiers de certains bandits arrêtés.
« S’il y a des cas de justice populaire, il faut d’abord en chercher la cause. Pourquoi il y a la justice populaire ? C’est que la justice populaire est due parfois au manque de confiance envers les autorités, au manque de confiance envers la justice. C’est-à-dire que lorsque la population voit une personne soupçonnée d’avoir commis un acte, elle se dit : si nous attrapons cette personne et si nous l’accompagnons ou nous l’emmenons devant la justice ou devant les services de sécurité, on peut encore la voir revenir dans la société demain ou après-demain. Donc lorsque la police est saisie des faits, elle doit enquêter sur la personne soupçonnée. Il faut que la police puisse déférer le cas de cette personne au parquet, pour que le parquet à son tour puisse envoyer le dossier au tribunal, afin que le présumé criminel soit condamné selon les faits qu’il a commis », a-t-il déclaré.
Quoi qu’il en soit, ce défenseur des droits de l’homme décourage le fait de se rendre justice. Il explique que la justice populaire ne facilite pas la tâche à la justice, comme pour les cas où il faut trouver les complices, et démontre qu’elle peut faire des victimes innocentes. Maître Olivier Munzonzo rappelle tout de même que la justice populaire est condamnable par la loi.
« Nous appelons la population à éviter la justice populaire. Souvent, après vérification, on se rend compte que la personne tuée n’était pas coupable. Et en vous rendant justice vous-mêmes, vous effacez les traces et vous empêchez les services de sécurité d’arrêter le reste de la bande. Il faut toujours saisir les autorités judiciaires », a-t-il démontré.
Dans son intervention, notre source a insisté sur le travail qui doit être fait pour que la confiance de la population se rétablisse envers les outils de la justice. Il appelle ainsi à l’implication des autorités locales et des différents acteurs communautaires pour y arriver.
Nicole Kitambala