Le point focal de la protection civile dans la chefferie des Baswagha, en territoire de Lubero, au Nord-Kivu, dénonce des tracasseries et des violations des droits humains dont sont victimes les populations locales depuis plusieurs mois. Il appelle les autorités compétentes à s’impliquer pour restaurer l’autorité de l’État dans cette partie du territoire.
Selon des informations recueillies sur place, la situation sécuritaire reste marquée par la présence de groupes armés qui imposeraient leurs règles dans plusieurs villages. Des barrières illégales ont été érigées sur différentes routes de desserte agricole, où les usagers sont contraints de payer 1 000 francs congolais ou plus à chaque passage.
Une pratique qui, selon la protection civile, contribue à la précarisation des conditions de vie des habitants. Au-delà de ces perceptions illicites, des cas graves de violations des droits humains sont également signalés. Vianney Vitswamba, point focal de la protection civile dans la chefferie, évoque notamment l’existence de cachots, parfois souterrains, où des civils seraient détenus arbitrairement par des groupes armés. Certaines victimes seraient soumises à des actes de torture ou contraintes de payer des amendes jugées exorbitantes pour recouvrer leur liberté.
« Toute la chefferie entière est occupée par les groupes armés et ce ne sont que les barrières illégales qui sont presque fixées dans des routes de desserte agricole. On a toujours demandé des amendes exorbitantes. Tantôt mille francs, tantôt deux-mille. Du côté des différents bastions, nous avons trouver également les cachots par exemple souterrains où on fait souffrir la paisible population. Nous avons toujours condamné », a-t-il dénoncé, tout en affirmant avoir déjà alerté les autorités compétentes.
Face à cette situation, Vianney Vitswamba appelle à une implication accrue des autorités pour mettre fin à ces abus. Il plaide également pour une sensibilisation des responsables des groupes armés au respect des droits humains et à leur rôle de protection des civils. Il invite par ailleurs la population à faire preuve de vigilance et à dénoncer tout cas de tracasseries auprès des structures habilitées.
« J’ai toujours envisagé que les leaders des groupes armés puissent travailler en principe en collaboration avec les FARDC, parce que ce sont quand même des groupes déjà reconnus et ils ne sont pas là pour tracasser, mais plutôt pour protéger la population. C’est pourquoi nous, en tant que population, attendons d’eux qu’ils nous protègent », a-t-il démontré.
De leur côté, les groupes armés locaux, regroupés au sein de la synergie des Wazalendo du Grand Nord, réagissent à ces accusations. Leur porte-parole adjoint, Guy Ngabo, annonce l’ouverture d’enquêtes afin d’identifier les responsables présumés impliqués dans ces violations et de les traduire en justice.
Laetitia Vusara