Plus de 40 personnes auraient été prises en otage par les combattants ADF en l’espace d’une semaine dans plusieurs villages du groupement Babila-Teturi, en territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri. L’alerte a été lancée ce mercredi 12 août 2026 par la société civile locale, qui dénonce également des enlèvements ciblant particulièrement des enfants de moins de 16 ans.
Selon Zephani Kataliko, président de cette structure citoyenne, plusieurs villages situés dans cette partie du territoire de Mambasa seraient actuellement exposés à la présence des combattants ADF. Il évoque notamment les villages Etabe et Masekeda, où plusieurs enlèvements auraient été enregistrés au cours de la dernière semaine.
« Celui qui est revenu de la brousse, des mains de l’ennemi, après avoir abandonné son enfant entre les mains des ADF, on lui a refusé de prendre son enfant d’environ 14 ans. Ce rescapé nous a dit qu’il a laissé 19 enfants et trois adultes. Parmi ces enfants, il y a 5 filles et les autres sont des garçons. En une semaine, 40 personnes viennent d’être emportées par l’ennemi dans les villages Etabe et Masekeda », dit-il.
Le président de la société civile alerte également sur la présence de ces combattants dans plusieurs villages situés à l’ouest du groupement Babila-Teturi. Il appelle les habitants, particulièrement les agriculteurs qui se rendent dans leurs champs, à renforcer leur vigilance.
« Les agriculteurs qui font leurs activités champêtres dans ces entités doivent être vigilants. Cet ennemi qui circule partout se dit être des Maï-Maï, mais en réalité ce sont des ADF-MTM. Et tous ceux qui seraient encore dans leurs champs doivent quitter la forêt, car pour le moment, cet ennemi est en train de dorloter les civils et risque de s’en prendre à eux. C’est à cette occasion que j’appelle les services de sécurité à faire de leur mieux pour neutraliser ce groupe armé », a-t-il ajouté.
La société civile demande ainsi aux services de défense et de sécurité de renforcer leur présence dans cette partie du territoire afin de protéger les civils et de faire face à la menace des groupes armés.
Depuis plusieurs mois, le territoire de Mambasa reste confronté à l’activisme des ADF. Des civils y sont régulièrement victimes de meurtres et d’enlèvements, tandis que plusieurs biens sont pillés ou incendiés.
Pour protester contre la persistance de cette insécurité, la société civile locale a par ailleurs annoncé un mouvement d’incivisme fiscal d’une durée de six mois.
Alfred Kahiwa