Nord-Kivu – Journée de la jeunesse : « Si nous ne nous défendons pas, nous allons nous réveiller tous cadavres » : Prince Kambale Musavuli devant les jeunes à Oïcha

Plus de 500 jeunes, réunis au sein des différentes sous-coordinations de la CAJDI, se sont rassemblés ce mercredi à Oïcha pour commémorer la Journée internationale de la jeunesse. Cette activité, organisée dans l’objectif d’éveiller les consciences de la jeunesse, a réuni des jeunes venus de différents coins de la ville d’Oïcha et du territoire de Beni, notamment de Mamove et ses environs.

La menace des ADF et d’autres groupes armés s’est largement invitée dans les échanges. Prenant la parole, Prince Kambale Musavuli, activiste et défenseur des droits humains, a appelé les jeunes à prendre conscience de leur responsabilité dans la protection de leur communauté. Selon lui, les jeunes ne doivent pas accepter de rester spectateurs face aux massacres des civils. Il les encourage à se mobiliser collectivement pour faire face à la menace qui pèse sur la région.

« Nous venons d’éveiller la conscience de la jeunesse en disant que la sécurité c’est d’abord l’apanage des jeunes. Quelqu’un ne viendra jamais d’ailleurs, des États-Unis, des pays voisins pour venir nous sauver chez nous. La sécurité revient à nous la jeunesse. Nous avons dit aux jeunes de briser la peur car rester dans cette zizanie, nous allons nous réveiller tous cadavres.Si tu as une stratégie, il faut t’associer à nous », dit-il.

Prince Kambale Musavuli invite également toute personne disposant d’une proposition ou d’une stratégie pouvant contribuer à la recherche de la paix à se joindre à la réflexion collective.

« C’est pourquoi, il est temps de nous emboîter les pas. Si tu as une stratégie, il faut s’associer à nous pour voir comment imposer la paix chez nous en ville comme en territoire de Beni. La peur d’être arrêté, les jeunes en ont. Mais qui veut la paix prépare la guerre. Je sais qu’on va nous arrêter mais demain ou après-demain, les autres vont nous remplacer. Je sais qu’on peut sauver ce pays mais brisons d’abord la peur. On a vu beaucoup d’autorités nous arriver mais c’est juste pour leur business », a-t-il ajouté.

Pour cet activiste des droits humains, l’implication de la jeunesse dans les questions de sécurité et de paix est devenue indispensable dans une région confrontée depuis plusieurs années aux violences des groupes armés. Son intervention devant ces centaines de jeunes a ainsi été axée sur la conscientisation, la responsabilité collective et le refus de la résignation face à l’insécurité.

Prince Kambale Musavuli est également ancien président de l’Association des Élèves et Étudiants Ressortissants d’Oïcha et ses environs vivant à Butembo, une structure qu’il a dirigée durant plusieurs années.

À travers cette activité de la Journée internationale de la jeunesse, il a une nouvelle fois placé la jeunesse au cœur des réflexions sur l’avenir de Beni, appelant ses pairs à s’organiser et à réfléchir ensemble aux moyens de contribuer au retour de la paix dans leur communauté.

Jean-Claude Mbafumoja

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