Deux infirmiers ont été retrouvés morts, ce samedi 4 avril 2026, dans le secteur de Katoyi, en territoire de Masisi, après avoir été enlevés alors qu’ils se rendaient sur leur lieu de travail. Des sources sanitaires locales dénoncent une nouvelle atteinte grave contre le personnel soignant dans une zone marquée par l’insécurité.
Les victimes sont identifiées comme Musafiri Bahiga Jean, infirmier titulaire du centre de santé de Nihima, et son collègue Ismaël. Selon des sources médicales, les deux hommes avaient quitté Kibundi pour rejoindre le centre de santé de Katoyi, où ils devaient compiler les rapports mensuels à transmettre au Bureau central de la zone de Kibabi. Ils ont été interceptés en cours de route, entre Cezaruhimbi et Kabakaba, dans une zone sous contrôle du M23-AFC.
Leur enlèvement remonterait au 1er avril dernier. D’après les informations disponibles, les deux infirmiers auraient été accusés d’avoir soigné des blessés assimilés aux VDP-Wazalendo, avant d’être soumis à des actes de torture. Leurs corps ont été retrouvés quelques jours plus tard dans la localité de Kaliki, en groupement Nyamaboko 2.
Certaines sources évoquent toutefois des versions contradictoires, des éléments du M23-AFC rejetant la responsabilité sur les Wazalendo. Ce drame survient quelques semaines seulement après l’enlèvement du médecin directeur de l’hôpital général de référence de Katoyi, libéré après plusieurs mois de détention dans un état critique.
Face à cette situation, les acteurs de santé et de la société civile appellent à une mobilisation urgente pour garantir la protection du personnel soignant dans les zones affectées par les conflits.
Laetitia Vusara