Dans la commune d’Oicha, en territoire de Beni, des cultivateurs dénoncent des actes de tracasseries sur certains axes agricoles situés à l’est de la commune. Selon la société civile, les usagers du tronçon Mamiki-Mamundioma, menant vers la route Mbau-Kamango, sont contraints soit de payer de l’argent, soit d’abandonner une partie de leurs produits agricoles aux militaires érigés en barrières.
La société civile, à travers son premier vice-président en territoire de Beni, indique avoir saisi les autorités militaires pour dénoncer cette situation devenue insupportable pour les agriculteurs. Richard Kirimba affirme que la question a été abordée avec le commandant de brigade basé à Matombo, qui a promis de mettre fin à ces pratiques dans un délai de 48 heures.
« Nous avons décrié le comportement de certains militaires sur certains axes, en termes de barrières où l’on perçoit de l’argent. Sur l’axe Mamiki-Mamundioma, il y a déjà deux barrières où les militaires demandent mille francs aux passants, notamment aux agriculteurs. C’est inacceptable. Le commandant nous a rassurés que cette pratique va cesser dans les quarante-huit heures », a-t-il déclaré, tout en appelant à l’effectivité de cette promesse.
Par ailleurs, la société civile s’inquiète également des tracasseries attribuées à certains éléments Wazalendo déployés dans le secteur de Beni-Mbau en appui aux FARDC. Selon Richard Kirimba, ces groupes, souvent sans moyens de subsistance, seraient à la base d’exactions similaires contre les populations civiles, notamment les cultivateurs.
Il plaide ainsi pour une prise en charge urgente de ces combattants par le gouvernement afin de limiter les abus.
« Ces jeunes ne sont pas encore pris en charge, et cela crée des problèmes. Nous demandons au gouvernement, en commençant par le gouverneur de province, de s’impliquer pour leur encadrement », a-t-il insisté.
En attendant, la société civile appelle aussi à une meilleure collaboration entre les chefs locaux et ces groupes armés, afin de mettre en place des mécanismes communautaires qui évitent les tensions et les abus envers les populations.
Depuis plusieurs semaines, la partie ouest de la commune d’Oicha, dans le secteur de Beni-Mbau, connaît la présence de groupes Wazalendo, dont au moins deux sont officiellement reconnus par les autorités militaires, selon des sources locales.
Nganga Victor