RDC : le parti de Katumbi accuse Tshisekedi de vouloir ouvrir la voie à une « présidence à vie »

Moïse Katumbi au stade Lwalaba d'Oicha durant la campagne électorale, le 25 novembre 2023. Crédit : Samy Kitha / Radio Moto Oicha.

Ensemble pour la République, le parti de l’opposant Moïse Katumbi, accuse Félix Tshisekedi de vouloir ouvrir la voie à une « présidence à vie » en République démocratique du Congo. Le parti estime que le chef de l’État rompt avec son serment constitutionnel en envisageant une révision de la Constitution et promet une mobilisation pour faire échec à ce qu’il qualifie de dérive dictatoriale.

Après Martin Fayulu, c’est désormais Moïse Katumbi qui critique ouvertement la position affichée par Félix Tshisekedi en faveur d’une éventuelle révision de la Constitution par voie référendaire. Dans une déclaration politique rendue publique le vendredi 8 mai, Ensemble pour la République accuse Félix Tshisekedi de préparer un « coup d’État institutionnel » et de vouloir instaurer une forme de « présidence à vie ».

« Le 6 mai 2026 restera dans l’histoire de notre nation comme le jour où la plus haute instance de l’État a choisi de rompre son serment constitutionnel. En ouvrant délibérément la voie à une révision des verrous de notre loi fondamentale, le régime de M. Félix Tshisekedi n’engage pas une réforme, mais organise un coup d’État institutionnel. Ce n’est pas la Constitution qui a trahi le Congo, ce sont les gouvernants qui ont trahi la Constitution. Ensemble pour la République déclare que cette velléité de présidence à vie est une déclaration de guerre au peuple congolais », déclare le parti.

Le parti de Moïse Katumbi rappelle que le nombre et la durée des mandats présidentiels font partie des dispositions intangibles de la Constitution congolaise. Selon lui, toute tentative de modification ouvrirait une crise institutionnelle majeure au pays.

« Notre Constitution n’est pas un simple texte modifiable au gré des ambitions politiques. Elle contient un noyau dur, sacré et immuable. Le nombre et la durée des mandats présidentiels sont intangibles. Tenter d’y toucher, c’est sortir de la légalité républicaine », affirme Ensemble pour la République, qui ajoute que : « Ce n’est pas l’article 220 qui empêche de libérer l’Est, mais l’absence d’une chaîne de commandement efficace et le détournement des fonds destinés aux opérations militaires. »

Ensemble pour la République appelle ainsi à une mobilisation nationale et à la création d’un « front républicain de résistance » réunissant opposition et société civile pour défendre la Constitution.

« Face à cette dérive dictatoriale, Ensemble pour la République active solennellement le devoir de résistance. Au peuple congolais : vous êtes le seul souverain, préparez-vous à défendre votre dignité. À l’opposition et à la société civile : l’heure n’est plus aux querelles de positionnement. Nous appelons à la création immédiate d’un front républicain de résistance », lance le parti dans sa déclaration politique.

Cette réaction intervient après que Félix Tshisekedi s’est déclaré ouvert à une révision de la Constitution et n’a pas exclu un troisième mandat « si le peuple le veut ». Le président congolais a également estimé que les élections prévues en 2028 pourraient ne pas être organisées si la guerre persiste dans l’Est du pays.

Sam K. D.

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