RDC : Félix Tshisekedi n’exclut pas un troisième mandat et conditionne les élections de 2028  par  la fin de la guerre dans l’Est du pays

Félix Tshisekedi s'adressant à la population de Kananga Félix Tshisekedi s'adressant à la population de Kananga. Ph. Tiers.

Le président congolais se dit prêt à briguer un troisième mandat si le peuple le souhaite. Il l’a affirmé lors d’une conférence de presse tenue mercredi 6 mai à Kinshasa. Félix Tshisekedi a également affiché son intention de revoir la Constitution avec l’aval de la population à travers un référendum. Il a, par ailleurs,  ravivé les doutes  sur la tenue des élections de 2028, qu’il conditionne par  la fin de la guerre dans l’Est du pays.

Au pouvoir depuis 2019, Félix Tshisekedi n’a pas écarté l’éventualité d’une candidature à un troisième mandat si le peuple le lui demande. Selon lui, cette question ne doit pas être liée au débat sur la révision ou le changement de la Constitution.

 « Moi, je crois qu’il y a à la fois une question qu’il faut se poser et une autre chose qu’il ne faut pas faire. La question qu’il faut se poser, c’est celle de savoir : avons-nous le droit, oui ou non, de nous pencher sur notre Constitution et de l’examiner pour voir si elle est bien en ligne avec nos visions ? Et donc, je pense que c’est dans cette optique qu’il faut regarder les choses. Qu’est-ce qui est bien pour nous dans cette Constitution ? Faut-il la garder ou pas ? Alors, la chose qu’il ne faut pas faire, c’est de lier cet exercice à un troisième mandat. Je n’ai pas sollicité de troisième mandat, mais je vous le dis, si le peuple veut que j’aie un troisième mandat, j’accepterai », a-t-il affirmé.

Concernant les élections de 2028, le chef de l’État s’est montré clair. Selon lui, leur organisation sera difficile si le conflit dans l’Est du pays persiste. Félix Tshisekedi estime qu’il ne peut pas y avoir d’élections sans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, actuellement touchées par la guerre.

 « Si on ne peut pas terminer cette guerre, malheureusement, on ne pourra pas organiser les élections en 2028. Mais ce ne sera pas parce que j’ai refusé de les organiser. Les ressources sont là, on peut le faire, mais on ne va pas les organiser sans le Nord et le Sud-Kivu », a-t-il démontré avant d’ajouter : «  Donc nous devons absolument mettre fin à tout cela avant même de commencer à réfléchir à cela. Moi, je ne veux pas m’accrocher au pouvoir, mais je veux servir mon pays. Et je le servirai avec toute l’énergie qu’il faudra jusqu’au moment où je passerai la main »

Parlant du dialogue politique demandé par l’opposition, le président de la République s’est dit ouvert à cette option, mais  doute  de son efficacité face à la guerre qui secoue l’Est de la RDC.

 « Donnez-moi une garantie que si je convoque des compatriotes en forum ici pour un dialogue inter-congolais, la guerre prendra fin. Croyez-vous vraiment que c’est parce que quelques Congolais se seront réunis à Kinshasa ou ailleurs dans la République que le Rwanda comprendra le message et retirera ses troupes ? Ça n’a pas de sens. Et c’est pour cela que des alliés puissants comme les États-Unis sont nécessaires pour nous aider à les faire déguerpir de là. Donc le dialogue, je le veux, mais je veux un dialogue conditionné par une paix totale et véritable sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo », a-t-il insisté.

Le chef de l’État a également abordé plusieurs autres questions liées à la vie nationale au cours de cette conférence de presse de près de trois heures avec des journalistes congolais et étrangers.

Sam KD.

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