À Oicha, la coordination territoriale de la société civile de Beni a présenté au président de l’Assemblée nationale les défaillances sécuritaires constatées dans la lutte contre les ADF. Dans un mémorandum remis à Aimé Boji Sangara, vendredi 20 février 2026, elle dénonce des cas de négligence, ainsi que de possibles complicités de certains commandants des FARDC. Face à cette situation, les forces vives formulent plusieurs recommandations visant à mettre fin à l’activisme des ADF.
La société civile, par la voix de sa coordination territoriale de Beni, a exposé de façon claire et directe les enjeux sécuritaires de la région au président de l’Assemblée nationale. Devant Aimé Boji Sangara, elle a détaillé ce qu’elle considère comme les principales failles dans la traque contre les ADF, en dépit des opérations militaires conjointes en cours.
Elle déplore notamment une coordination insuffisante entre les forces engagées sur le terrain. Selon Richard Kirimba, qui retranscrit la position de la société civile, les FARDC auraient tendance à laisser une grande part de responsabilité à l’armée ougandaise dans les opérations conjointes.
« Sur le terrain, la population a l’impression que dans les opérations conjointes Congolo-Ougandaises, les FARDC laissent une large part des responsabilités à l’UPDF, ce qui manque de stratégie, compte tenu de l’histoire des conflits entre ces deux pays. Parfois, la mauvaise coordination dans les relèves des troupes ouvre des corridors aux rebelles qui en profitent pour attaquer les villages à ces moments. L’absence de drones, d’hélicoptères de combat et d’équipements modernes complique la tâche des FARDC, alors que les ADF disposent d’un système de renseignement renforcé, s’infiltrant même au sein de la population civile. Un doute plane également sur certains agents des services de sécurité, soit par naïveté, soit par complicité », indique la société civile dans son mémorandum.
Face à cette situation, elle formule plusieurs recommandations pour contrer les attaques des ADF dans la région. Elle demande en particulier au gouvernement congolais d’accorder une attention accrue à cette guerre, en renforçant les capacités de renseignement militaire avec des drones de précision et en fournissant des équipements adaptés aux modes opératoires terroristes, qu’ils soient navals, aériens ou terrestres.
Les forces vives exhortent également à mettre en place un mécanisme d’enquête et de sanction à l’encontre de tout commandant dont la zone de responsabilité est attaquée par les ADF alors que les alertes de la population auraient pu prévenir ces violences. Elles encouragent enfin à définir une stratégie visant à consolider la sécurité dans les zones acquises et fortement peuplées.
À noter que les représentants de la société civile du territoire de Beni ont été reçus par le président de l’Assemblée nationale, vendredi, à l’issue du meeting populaire qu’il a tenu au rond-point central d’Oicha.
Sam KITHA D.
