Au moins 17 208 déplacés internes vivent actuellement dans des conditions jugées très préoccupantes dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri. Ces populations ont fui l’insécurité persistante qui continue de sévir dans plusieurs localités de cette entité.
Selon les données de l’équipe de monitoring de la Convention pour le respect des droits de l’homme (CRDH) Mambasa, ces déplacés proviennent des parties Est et Ouest du territoire, notamment des villages Sita Rudi, Mikanya, Ndioka, Kadika, Lisoma, Elake, État Crédit, Matolo, Bandenge, Makilima, Lyanga, Pamedi, Luhindi, Lelesi, Ilimba, Mapili, Ngubo, Ngelia, Mongali, Centrale, Mambau, Nakota, ainsi que d’autres villages environnants.
La CRDH indique que ces populations vivent sans abris adéquats, sans nourriture suffisante et sans assistance humanitaire, une situation qui expose particulièrement les femmes, les enfants et les personnes âgées à de nombreux risques.
L’organisation des droits humains rapporte également 18 cas de troubles mentaux enregistrés parmi ces déplacés. Ces troubles seraient liés aux traumatismes subis lors des déplacements forcés, notamment la perte des biens, des moyens de subsistance et les violences vécues durant les attaques.
Face à cette crise humanitaire et sociale, la CRDH Mambasa, par la voix de son coordonnateur Rams Malikidogo, lance un appel urgent aux autorités compétentes et aux partenaires humanitaires afin qu’une assistance rapide et adaptée soit apportée à ces populations.
« Depuis l’année 2024 jusqu’à cette année 2026, nous avons enregistré au moins dix-sept mille deux cent huit déplacés qui ont fui la menace de l’ennemi et craignant pour leur sécurité. Au moins dix-huit cas de troubles mentaux. Les personnes qui ont été traumatisées, d’autres se sont échappés de justesse des mains de l’ennemi. Alors, ils ont vraiment perdu le contrôle de la tête. Certains sont pris en charge dans des centres neuropsychiatriques à Beni et à Biakato. Au moins cinq cent vingt-et-un enfants en âge scolaire qui ne sont pas scolarisés. C’est vraiment une situation qui nous écoeure. Tout cela parce que la sécurité est menacée. C’est ici que nous lançons vraiment un appel au gouvernement, surtout pour qu’il pacifie, pour qu’il pose la paix dans toutes ces zones et pour que la population regagne vraiment leurs activités. Aussi, que les autorités politico-administratives viennent en aide à cette population, notamment pour l’assistance humanitaire », a-t-il déclaré.
La CRDH souligne que sans une réponse rapide des autorités et des partenaires humanitaires, la situation risque de s’aggraver davantage, accentuant la vulnérabilité de milliers de personnes déjà affectées par des années d’insécurité.
La rédaction