Le chef du village Mamundioma 2, situé sur l’axe routier Kamango dans le secteur de Beni-Mbau, a exprimé son désaccord face aux récentes interventions des gardes-parcs de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). Cette prise de position a été faite ce vendredi 30 janvier 2026, à la suite de la saisie de bois, planches et braises appartenant à des exploitants locaux.
Selon Apimawa Roger, ces opérations menées par les agents de l’ICCN suscitent de vives frustrations au sein de la communauté locale. Il craint que ces actions n’attisent davantage les tensions entre les populations cultivatrices riveraines et les services de conservation de la nature.
Le chef coutumier déplore notamment le manque de clarté autour de l’origine des produits saisis.
« Il y a les gardes-parcs de l’ICCN qui s’étaient présentés dans notre village de Mamundioma le mercredi 14 janvier. Ils ont pris des braises, des planches et du bois de la population sans même analyser si ces planches venaient de la chefferie ou du Parc », a-t-il déclaré.
Il ajoute que cette situation a plongé la population dans une profonde inquiétude, d’autant plus qu’une commission mixte d’enquête annoncée tarde à être mise en place.
« Nous avons besoin d’une descente sur le terrain pour faire une démarcation légale entre la chefferie et le Parc national des Virunga. Nous souhaitons aussi un dialogue entre nous, autorités coutumières, la population et l’ICCN pour trouver une solution à ce dossier », a-t-il insisté.
Face à la montée de la tension au sein de la communauté, la notabilité locale plaide pour l’ouverture urgente d’un cadre de dialogue inclusif réunissant les chefs coutumiers, les cultivateurs, l’ICCN et les autorités compétentes, afin de prévenir d’éventuels conflits et favoriser une cohabitation harmonieuse entre la conservation de la biodiversité et les activités de subsistance des populations locales.
De son côté, l’ICCN justifie ces interventions. Bienvenue Bwende, chargé de la communication de l’institution, affirme que ces opérations s’inscrivent dans la mission de protection de l’environnement. Il précise qu’elles visent à décourager les actes de destruction de la biodiversité dans le Parc national des Virunga, particulièrement dans son secteur Nord, et qu’elles sont menées en appui avec les services de sécurité.
Laetitia Vusara
