Une vive psychose sécuritaire règne actuellement dans plusieurs villages du secteur de Beni-Mbau, en territoire de Beni (Nord-Kivu), à la suite de rumeurs faisant état de la présence des rebelles de l’ADF dans cette partie de la région.
Selon la société civile du secteur de Beni-Mbau, cette situation est alimentée par le traumatisme laissé par les récentes attaques rebelles, notamment celle survenue dans l’agglomération de Mamove, où la population a été durement endeuillée. Depuis lors, des informations non confirmées circulent régulièrement au sein de la communauté, provoquant panique et déplacements préventifs dans certains villages.
Le président de la société civile locale, George Kivaya, indique que la peur est devenue permanente chez les habitants, tout en appelant la population à faire preuve de vigilance, de prudence et de responsabilité.
« La situation sécuritaire dans le secteur est tellement volatile depuis le massacre de Mamove. C’est pour cela que la population vit dans la peur. Nous appelons les habitants à rester vigilants, à dénoncer tout mouvement suspect, mais aussi à vérifier les informations avant de lancer l’alerte, afin de permettre aux services de sécurité de bien jouer leur rôle », a-t-il déclaré.
Face à la menace persistante, la société civile du secteur de Beni-Mbau plaide pour une collaboration renforcée entre la population et les forces de défense et de sécurité. Elle appelle notamment à la mise en place de patrouilles conjointes impliquant les FARDC, l’UPDF ainsi que l’ICCN, afin de sécuriser durablement la zone.
« Il est temps de nous unir avec les forces de sécurité, les services étatiques et les partenaires pour faire face à l’ennemi commun, qui est l’ADF. Nous demandons aux services de sécurité de prendre en considération les alertes de la population », a insisté George Kivaya.
Selon la société civile, citant des cultivateurs, une alerte aurait été signalée sur l’axe routier Mbau-Mantumbi. Le lundi 9 février 2026, la présence présumée des rebelles ADF aurait été signalée dans les villages d’Upende et de Musuku, bien qu’aucune confirmation officielle n’ait encore été donnée par les autorités sécuritaires.
Wynie Lusenge
