La situation sécuritaire dans le territoire de Beni était au centre d’une réunion extraordinaire du conseil provincial de sécurité élargi ce jeudi 12 février 2026. Le vice-gouverneur du Nord-Kivu a reçu à Oicha les autorités politico-administratives et coutumières de ce territoire, ainsi que différentes couches sociales. Après avoir passé en revue la situation sécuritaire, marquée pour la plupart par l’activisme des ADF, l’autorité provinciale a rassuré quant à la mise en place de dispositifs sécuritaires pour protéger la population.
Dès son arrivée au chef-lieu du territoire de Beni, le vice-gouverneur a d’abord échangé avec les officiers militaires et policiers, ainsi que les agents de renseignement affectés dans certains coins de la zone. Ensuite, le commissaire divisionnaire Louis Sengond Karawa a reçu les chefs coutumiers du territoire de Beni, suivis des bourgmestres des communes, et enfin des représentants de la société civile et de ses composantes.
Après avoir écouté chaque groupe, le vice-gouverneur du Nord-Kivu a salué la résilience de la population de la région de Beni. L’autorité provinciale a promis que toutes les recommandations formulées lors de ces échanges seront transmises aux services de défense et de sécurité.
« Nous sommes venus compatir avec la population, les encourager, avec une population qui est résiliente, pour dire que oui, nous sommes dans une guerre asymétrique et que l’État ne les a pas oubliés. Nous prenons toutes les dispositions pour qu’un jour, nous mettions fin à ces ignobles attaques », a-t-il déclaré.
Parmi les groupes reçus figure la société civile, forces vives du territoire de Beni. Cette structure citoyenne a fait part au vice-gouverneur de la non-maîtrise de la zone par les militaires, qui demeure le grand défi des opérations dans la région.
La société civile du territoire de Beni, par l’intermédiaire de son premier vice-président, attend de la province du Nord-Kivu la dotation des moyens nécessaires aux FARDC pour faire face aux ADF. Richard Kirimba insiste également sur le renforcement des capacités des services de renseignement.
« Nous avons parlé du défi de la maîtrise de la zone. Donc, lorsque les opérations sont en profondeur, on ne sent pas qu’il y a un vrai, un réel dispositif pour contenir la situation dans les agglomérations au moment où l’armée est en profondeur. Ça, c’est vraiment l’un des défis et c’est ce qui fait que, régulièrement, on retombe dans la recrudescence de l’insécurité. Nous attendons de l’autorité provinciale le rétablissement de la discipline au sein des forces armées, mais aussi la dotation de l’armée en instructions réelles pour mettre fin à tout ce qui se passe ici », a-t-il démontré.
Il faut noter que, depuis une semaine, la situation sécuritaire s’est dégradée dans plusieurs contrées du territoire de Beni, surtout dans le secteur de Beni-Mbau, où les rebelles de l’ADF commettent des exactions sur les civils, en dépit des alertes sécuritaires fournies par la population aux services de sécurité.
Wynnie Lusenge
