Le jeudi 22 mai 2025, le Sénat congolais s’est réuni en séance plénière pour examiner la levée des immunités parlementaires de Joseph Kabila. Cette session a été marquée par la présentation et l’adoption du rapport de la commission spéciale, chargée d’étudier le réquisitoire de l’auditeur général près la Cour militaire. Ce dernier réclame l’autorisation de poursuivre l’ancien président de la République, aujourd’hui sénateur à vie.
La commission spéciale a voté à l’unanimité en faveur de la levée des immunités parlementaires de Joseph Kabila, ouvrant ainsi la voie à des poursuites judiciaires. Selon bons sources, les quarante membres de la commission ont tous approuvé cette décision, sans aucune opposition ni abstention.
Lors de la séance plénière, les sénateurs ont procédé à un vote à bulletin secret. Les résultats sont clairs : 88 sénateurs se sont prononcés pour la levée des immunités, 5 ont voté contre et 3 se sont abstenus.
Face à cette décision, le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), dont Joseph Kabila est le leader, a contesté la légitimité de la procédure. Le parti a dénoncé ce qu’il qualifie de “chasse aux sorcières” orchestrée par le régime en place. Ferdinand Kambere, porte-parole du PPRD, a souligné que Joseph Kabila, en tant qu’ancien chef de l’État, ne peut être traité comme un sénateur ordinaire et bénéficie d’un cadre juridique spécifique.
“Le régime de Tshisekedi s’est inscrit dans une voie de nous ramener dans une dictature la plus désolante possible où l’on voit un Sénat qui veut considérer Kabila comme un membre du Sénat. Mais en réalité, même la disposition évoquée ne concerne que les sénateurs élus par des députés provinciaux. Ici, Kabila, en tant qu’ancien président de la République, son statut est géré par une autre loi qui n’a rien à voir avec la décision de la commission qui vote les yeux fermés“, a déclaré Ferdinand Kambere sur les ondes de RFI.
Pour mémoire, Joseph Kabila est accusé d’entretenir des liens avec la rébellion de l’AFC/M23, un groupe armé soutenu par le Rwanda et qui occupe des vastes espaces dans les provinces du Nord et Sud-Kivu, à l’Est de la République Démocratique du Congo.
Sam Kitha D.
