Alors que le M23 poursuit son avancée dans l’est de la RDC, un plan de sortie de crise a été au centre des discussions entre les chefs d’état-major des pays d’Afrique australe et d’Afrique de l’Est. Ces derniers se sont réunis lundi 24 février 2024 à Dar es Salaam, en Tanzanie. Pendant ce temps, trois nouveaux facilitateurs ont été désignés pour coordonner les processus fusionnés de Luanda et de Nairobi, visant à résoudre la crise sécuritaire qui secoue l’Est du pays depuis des décennies.
Dans un communiqué conjoint, la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) et la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) ont annoncé la nomination de nouvelles figures pour piloter les processus fusionnés de Luanda et de Nairobi. L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo et l’ancien Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn rejoignent Uhuru Kenyatta, déjà facilitateur du processus de Nairobi.
Ces trois hommes d’État auront la lourde tâche de coordonner les efforts diplomatiques et sécuritaires en vue d’un cessez-le-feu durable dans l’est de la RDC. Cette décision intervient après le retrait de João Lourenço, ancien facilitateur du processus de Luanda, qui a quitté son poste pour prendre la présidence de l’Union africaine.
Lors de leur dernier sommet conjoint, tenu le 8 février en Tanzanie, les chefs d’État avaient appelé à un « cessez-le-feu immédiat et inconditionnel » ainsi qu’à la « cessation des hostilités » entre le M23 et les FARDC. Cependant, ces appels sont restés lettre morte, et la situation sur le terrain continue de se détériorer. Face à cette impasse, les chefs d’état-major des deux blocs régionaux se sont retrouvés lundi dernier en conclave à Dar es Salaam.
Selon Jeune Afrique, ils ont examiné une proposition visant à fusionner les deux processus de paix, une idée soumise par un panel d’experts des deux organisations. L’objectif serait de faciliter un dialogue direct entre les parties en conflit et d’obtenir des engagements sur trois points clés : la cessation des hostilités, l’arrêt de l’expansion territoriale du M23 et le déploiement d’une équipe technique mixte. Cette équipe, composée de membres militaires et civils issus de l’EAC, de la SADC et de la RDC, sera chargée d’évaluer la situation sécuritaire et humanitaire sur le terrain.
Selon la même source, ces premières mesures viseraient également à sécuriser les villes de Goma, Bukavu et leurs environs. Une nouvelle réunion est prévue le 28 février prochain pour discuter des modalités précises du cessez-le-feu et des étapes à venir, a-t-on appris.
Sam Kitha D.
